Actualités de février 2025
Voici quelques nouvelles de l’école Saint-Roch !
L’école a tenu avec joie un stand au salon LIBSCO, qui s’est tenu à Paris le 1er février 2025. Ce fut une fois de plus, l’occasion de rencontres enrichissantes, et d’échanges sur divers aspects entre écoles indépendantes, tant sur le plan pédagogique que le plan organisationnel. C’est également un excellent moyen de faire connaître notre école !
Vous souhaitez inscrire votre enfant à l’école Saint-Roch en septembre 2025 ? Il reste quelques places en élémentaire (du CP au CM2). Les classes de maternelles sont complètes, mais une liste d’attente est ouverte.
Vous hésitez ? Venez nous rencontrer ! La directrice vous recevra sur rendez-vous pour vous présenter l’école et son projet. Nous vous proposons également une journée découverte pour votre enfant à l’école ! Cette journée découverte a permis à de nombreux parents de faire passer une journée entière à leur enfant dans sa classe de niveau à l’école, afin d’être convaincus et rassurés dans leur choix.
En attendant, voici un entretien que la directrice et fondatrice de l’école a donné en 2024. Elle y explique la naissance de l’école, son projet, sa vision pédagogique et éducative. Il devrait vous permettre de comprendre ce qui fait la spécificité et la valeur de notre école ! Bonne lecture !
Entretien avec Florence Cassagne, fondatrice et directrice de l’école Saint-Roch
Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à créer l’école Saint-Roch ?
Mon grand-père était instituteur dans les Landes, où il enseignait dans une classe unique de type Freinet. Partageant son désir d’enseigner, j’ai commencé des études scientifiques, et comme j’ai trouvé cela passionnant, je les ai poursuivies bien au-delà du bac+3 qui était nécessaire pour passer un diplôme d’enseignant, puis j’ai décroché un premier emploi dans les télécoms, avant de m’engager comme officier dans l’Armée de l’air. La technique est quelque chose de très stimulant intellectuellement, mais au bout d’une dizaine d’années, j’ai été rattrapée par l’humain. Étant très investie à titre bénévole auprès de personnes handicapées, à travers l’association A BRAS OUVERT, j’ai choisi d’en faire mon métier. J’ai rejoint le secteur médico- social, où j’ai travaillé comme chef de service dans un établissement d’aide par le travail (ESAT) puis dans une maison d’accueil spécialisée, accueillant des personnes porteuses d’un handicap mental ou psychique. De ces deux premières parties de ma vie professionnelle, j’ai tiré deux grands enseignements : premièrement, les institutions de trop grande taille sont déshumanisantes pour les personnes, qui s’y sentent anonymes et perdues ; deuxièmement, la maîtrise imparfaite de la langue prive trop d’adultes d’une pleine liberté. À des échelles différentes, ces deux expériences m’ont convaincue du besoin critique de sauver la langue orale et écrite. Le moment était venu d’ouvrir mon propre établissement. Je voulais qu’il soit à taille humaine, que tout le monde s’y connaisse et que l’absence d’un adulte ou d’un enfant y soit immédiatement notée et ressentie. Je voulais en particulier qu’il n’y ait pas plus de 15 élèves par classe, pour que chacun puisse bénéficier d’un suivi réellement individualisé et acquérir les savoirs fondamentaux de la manière la plus solide qui soit. En 2014, la première classe de l’école ouvrait ses portes.
Pourquoi avoir fait le choix d’une école indépendante et confessionnelle ?
Je voulais proposer un projet pédagogique à la fois classique et cohérent de la petite section au CM2. Pour cela il était indispensable de recruter des instituteurs qui adhèrent à ce projet pédagogique et forment une équipe soudée par des méthodes pédagogiques communes et la volonté de travailler en harmonie entre les différents classes et niveaux. Nos enseignants sont des salariés de droit privé qui postulent dans notre établissement par choix et par conviction. Nous pouvons ainsi garantir à nos élèves une continuité et une cohérence pédagogiques véritables durant toute leur scolarité à Saint- Roch, et cela va sans dire, l’acquisition du socle de connaissances de manière bien plus approfondie que ce qui est strictement requis pour satisfaire aux exigences de l’Éducation nationale. Le choix d’ouvrir une école catholique a bien sûr découlé d’une conviction personnelle, mais, plus profondément, il me semblait essentiel de pouvoir parler à l’enfant tout entier, corps, cœur et esprit. Si l’école n’est pas confessionnelle, il y a une part de l’enfant à laquelle on ne peut pas s’adresser. Très tôt, les enfants nous questionnent sur des sujets fondamentaux tels que la mort, le handicap, les attentats, la méchanceté, y compris la leur ! Et j’estime qu’il faut pouvoir apporter des réponses verticales à ces interrogations qui sont profondes et souvent angoissantes car à défaut, on ne répond pas vraiment. Il en va de même des questions d’ordre affectif et sexuel, auxquelles nous avons la liberté de répondre en nous appuyant sur l’anthropologie chrétienne dans laquelle nous nous reconnaissons. J’expérimente chaque année l’attachement de nos élèves, mais aussi de nos enseignants à notre projet spirituel. L’équipe partage en effet la conviction qu’en fin de compte, c’est le Christ qui éduque et enseigne. Cela nous a guidés dans un certain nombre de décisions, de gestion bien sûr, mais aussi pédagogiques, telles que l’accueil d’enfants porteurs de handicap.
Comment définiriez-vous le projet pédagogique de Saint-Roch ?
Nous adhérons aux grands principes de la pédagogie dite classique qui animaient les instituteurs de la IIIe et IVe République. Les apprentissages, progressifs, doivent conduire l’élève à se concentrer sur une difficulté à la fois. Une fois celle-ci surmontée, nous passons à la suivante. Il est par exemple aberrant, à mon sens, de demander à des élèves de moyenne section qui ne savent ni lire ni écrire de reconnaître leur prénom, comme on le fait dans la plupart des maternelles de France. Cela revient à le placer dans une situation de stress, les poussant à bricoler une reconnaissance approximative d’une forme qu’ils ne comprennent pas. Lire consiste à déchiffrer un code et non à reconnaître un dessin. En demandant à de jeunes enfants de reconnaître leur prénom sur une étiquette, nous leur donnons l’illusion de lire et activons dans leur cerveau des circuits qui ne sont pas ceux de la lecture, mais du dessin. C’est non seulement inutile mais contre-productif. Nous pensons par ailleurs que le rôle du maître est de guider l’élève, de lui expliquer la leçon et de s’assurer qu’il ne reste aucune part d’obscurité par le jeu des questions-réponses. Là encore, j’estime que la verticalité a du bon ! Cela ne veut pas dire que l’élève est passif, car son attention et son intelligence sont sans cesse convoquées, mais qu’il est guidé dans son apprentissage, à la manière d’un compagnon par son maître. Ce compagnonnage et la progressivité des enseignements sont très sécurisants pour les élèves car quel que soit le niveau, il n’y a pas de piège : on place l’enfant devant une difficulté qu’il est capable de résoudre, et il peut mesurer ses progrès par des évaluations régulières. C’est une grande fierté pour les élèves de tous âges de constater le chemin parcouru ! De manière générale, nous sommes à l’opposé des pédagogies globales, qui consistent à mettre l’enfant devant les pièces d’un puzzle qu’il est invité à reconstruire par lui- même. L’histoire, par exemple, est aujourd’hui enseignée de manière purement thématique dans la plupart des écoles. Dans un cours sur « La guerre en France », les élèves peuvent acquérir des connaissances parfois très pointues sur tel ou tel événement historique, mais n’ayant pas d’élément de chronologie, ils ne sauront pas les rattacher aux auteurs qu’ils étudient en français ni aux découvertes scientifiques qu’on leur enseigne en sciences. L’enseignement étant morcelé, il est nécessairement parcellaire. Or ces liens que les élèves font entre les différentes matières à l’école primaire, ces moments où, en maternelle, l’environnement d’un enfant prend brusquement sens parce qu’il est capable de faire le lien entre ce qui a été vu en classe et ce qu’il expérimente sont précisément le but de tous nos efforts. Je me souviens d’une année où nous apprenions en classe une chanson qui parlait d’un forgeron. Un jour, alors que nous allions en récréation, une petite fille m’arrête dans la rue et me dit : « Maîtresse, c’est une grille en fer forgé ! ». Nous avons ensuite dû passer une heure, avec ma classe, à chercher toutes les grilles en fer forgé du pâté de maison ! Ces moments sont d’autant plus précieux avec les plus petits qu’ils ne cachent rien de leur joie immense. Pour en revenir à l’image du puzzle, si l’enseignant a très bien fait son travail, l’élève sera capable de reconnaître des pièces qu’on lui a enseignées dans son environnement. On comprend bien, dès lors, ce qui a conduit à l’émergence des pédagogies globales, mais la réalité, à mon sens, est qu’elles vont à rebours du cours naturel de l’apprentissage par l’enfant et au fond, de son intelligence.
Quelles sont les spécificités de la classe de petite et moyenne section, où vous enseignez ?
L’objectif de la maternelle est de préparer au CP, qui est à mon avis la classe la plus importante. Cela s’articule autour de plusieurs axes fondamentaux : l’éveil des perceptions, le développement de la motricité fine et globale, le repérage spatial, la numération et les bases du calcul, le développement du vocabulaire, l’acquisition de l’ordre et de la propreté ainsi que l’apprentissage de la vie en collectivité. Le graphisme tient également une place importante en maternelle. Véritable préparation à l’écriture, il inclut la position de travail, la tenue du crayon, le repérage sur le cahier ainsi que l’agilité de la main et du poignet. Je pratique assidûment le chant choral et la couture en classe et j’en découvre chaque année un peu plus les vertus. Le chant permet de travailler le rythme, le souffle, la mémoire et le vocabulaire. Il permet de découvrir différents univers – la mer, le moulin, la montagne, la guerre… – et procure ce plaisir, ce sentiment d’appartenance, qui consiste à chanter ensemble à l’unisson. Chaque semaine, nous étudions un chant issu du répertoire traditionnel ou du répertoire scout. Mon espoir est qu’une fois parvenus à l’âge adulte, mes élèves auront toujours, dans un coin de leur tête, une chanson pour porter leur labeur, leur peine ou leur joie. En ce qui concerne la couture, les élèves effectuent des travaux de laçage de plus en plus complexe en PS avant d’utiliser un canevas avec des points simples. En MS, ils effectuent des travaux de broderie sur des planches dessinées cartonnées, puis du canevas selon un point plus complexe qui permet de faire du remplissage. Petit à petit, ils apprennent à réaliser une belle œuvre en y travaillant chaque jour un peu. Ils améliorent leur technique et passent à des travaux plus complexes. La couture est un atelier « doux », silencieux, qui plaît autant aux filles qu’aux garçons !
J’utilise également le matériel, à la fois beau et utile, élaboré par Maria Montessori : matériel de vie pratique, matériel sensoriel et matériel de calcul, que je complète avec de nombreux outils de repérage spatial (reproduction de modèles à 2 et 3 dimensions). Je n’utilise pas les lettres rugueuses, l’alphabet mobile et les dictées muettes car nous avons choisi d’enseigner à lire/écrire en GS. Ce que je trouve formidable avec le matériel développé par Maria Montessori, c’est qu’il amène l’élève à faire jaillir l’ordre à partir du chaos auquel il le confronte dans un premier temps. Il permet d’expérimenter dans son corps ce passage du désordre à l’ordre, c’est-à-dire à la notion que l’on veut enseigner : les chiffres, les couleurs, les formes, etc. Le trinôme et l’arche romane qui sont deux puzzles en 3D ont ma préférence. Ils sont proprement splendides ! Je travaille beaucoup avec mes élèves sur le matériel de calcul qui permet d’intégrer très progressivement et très profondément les quantités, les notions d’addition/ soustraction et le système décimal. Beaucoup de parents croient que leur enfant sait compter car il récite sans faute une chanson numérique 1, 2, 3, 4, etc., comme on récite les jours de la semaine, mais tout l’enjeu est de se faire une représentation mentale des quantités et de comprendre que 4 vient après 3 parce que 3+1=4. Trop d’élèves à la sortie du CM2 ne mesurent pas la différence entre 1 mètre et 1 kilomètre car ils ne se représentent pas le rapport entre 1 et 1 000 et n’ont pas pleinement intégré le système décimal. Si nous utilisons ce matériel dans les conditions prévues par Maria Montessori, nous nous plaçons en faux contre les idées selon lesquelles l’enfant serait comme une graine qui contiendrait en elle son propre programme de développement et que le rôle de l’adulte serait avant tout d’entretenir une ambiance ou environnement propices. Nous croyons que c’est dans le rapport à son maître, au sens maître/disciple que l’enfant se construit. Alors que l’éducateur montessorien est assez silencieux, nous pensons au contraire que c’est dans le dialogue et dans les réponses fournies par l’élève aux questions de l’enseignant que l’enseignement se produit. En maternelle, cela passe par exemple par la lecture quotidienne de contes. Au- delà des images qui sont proposées pour illustrer l’histoire, les questions que je pose visent à susciter chez mes élèves une évocation, c’est-à-dire une image mentale des personnages et de l’histoire elle-même : « Comment est le chat ? » « Que va-t-il se passer ? ». Plus tard, lorsqu’un élève lit pleinement, le texte lu doit susciter des évocations nombreuses. En lisant la phrase « Le renard est revenu la nuit », je dois avoir une image de renard, puis un décor de nuit et entre les deux, une attente suscitée par le fait que le renard est « revenu ». Pourquoi est-il revenu ? Que va-t-il se passer ? Or on constate qu’en fin de CM2, à peine 20 à 30 % des élèves lisent pleinement, c’est-à-dire que pour la grande majorité, même lorsque le déchiffrage est acquis, la lecture ne suscite que des évocations pauvres ou incomplètes. De fait, beaucoup d’enfants n’aiment pas lire parce qu’ils ne savent pas lire pleinement. C’est précisément ce qu’il importe de préparer dès la petite section, d’autant qu’au-delà de la lecture, le fait de parvenir à faire exister mentalement un texte ou une leçon est la condition de toute compréhension et de tout apprentissage. Apprendre, c’est se fabriquer des évocations (visuelles sous forme d’images ou de films, auditives sous formes de paroles ou de chanson, éventuellement kinesthésiques sous forme de mouvements…). C’est pourquoi le souci de transmettre ce « geste d’attention » fait partie de l’ADN de Saint- Roch, de la petite section au CM2.